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Condoleeza Rice, les secrets de la femme la plus puissante du monde
 

Le prestigieux magazine économique Forbes à sûrement raison. Condoleeza Rice est vraisemblablement la femme la plus puissante du monde. Mais on peut côtoyer les sommets du pouvoir américain et ne pas être à l’abri d’un accident de langage. Un lapsus qui, en avril 2004, a fait les gorges chaudes du tout Washington. La soirée était organisée par le New York Times et Condi, devant un parterre de journalistes, devait une nouvelle fois tenter de justifier l’engagement des États-Unis en Irak. L’audience était forcement pendue à ses lèvres lorsque sa langue fourcha : “ Comme je le disais à mon mar...”. La responsable de la sécurité du pays s’arrêta soudain et après un instant de flottement se corrigea : “ Comme je le disais au Président Bush.”
 
Ce n’est pas l’unique fois où le fantôme de Sigmund Freud est venu hanté la relation entre le président américain et sa prochaine Secrétaire au Département d’Etat. La presse américaine a pendant plusieurs jours disséqué les clichés de la bise de Rice à Bush lorsque ce dernier a annoncé publiquement qu’elle remplacerait Colin Powell à partir de janvier prochain. Non seulement le geste est assez novateur mais la pause de Condi, les yeux mi-clos, presque abandonnée a fait le bonheur des commentateurs. Bien entendu, il n’est pas question de relation adultérine mais de l’illustration d’un trait de caractère de la célibataire la plus célèbre de Washington. Condoleeza Rice a toujours été amoureuse du pouvoir. Si ce n’est pas le cas comment alors interpréter cette anecdote rapportée par Condi elle-même ? Elle avait tout juste dix ans lorsque John et Angela, ses parents décidèrent qu’il était temps pour la famille de découvrir le plus prestigieux édifice de la capitale des États-Unis. Et là, devant les grilles de la Maison-Blanche, la gamine exprime pour la première fois ses intentions : “La couleur de ma peau m’interdit pour l’instant d’être là mais, un jour, cela sera à mon tour d’y être”. Impossible de savoir si le souvenir est authentique mais quoiqu’il en soit, il résume parfaitement la volonté et les difficultés du parcours de Condi Rice.
 
Condoleeza est née le 14 novembre 1954. Son père est pasteur, sa mère professeur de musique. Et c’est d’ailleurs en hommage en son art qu’elle invente le prénom de sa fille. Inspirée par le terme italien “con dolcezza” -une indication de rythme demandant au musicien de jouer “avec douceur- Angela décide de placer le destin de son enfant sous le signe de l’exception. Une volonté d’autant plus forte que la famille Rice vit à Birmingham dans l’Alabama, une des villes les plus difficiles pour la communauté noire. Condi Rice a donc grandi dans l’Amérique ségrégationniste. Celle des attentats à la bombe tuant des amies de classe de Condi, des restaurants réservés aux blancs et des policiers ouvertement membres du Ku Klux Klan. Dans cette époque où, sous l’impulsion de John F. Kennedy et Martin Luther King, les États-Unis changent peu à peu, la famille Rice à décidé d’offrir à Condi une existence similaire à celle d’une enfant de bonne famille. Cours de lecture rapide, initiation à la langue française et surtout apprentissage intensif du piano. Le tout accompagné d’un mode de pensée volontairement positif : “ Mes parents m’ont enseigné qu’il était peut-être impossible de se faire servir un hamburger dans tel ou tel restaurant mais que rien ne m’empêchait de devenir Président des États-Unis”. Mais, avant la politique, Condi pense d’abord à vivre le rêve de sa mère : être une soliste de piano. Une volonté passant par tous les sacrifices. L’absence de jeux d’enfants pour Condoleeza, l’achat d’un instrument à 13 000 dollars pour ses parents. Mais rien n’est trop beau pour la petite que son entourage considère comme un génie en devenir. Et, confirmant ce sentiment, Rice après avoir été la première étudiante noire à rejoindre le conservatoire de Birmingham, intègre l’Université de Denver à tout juste quinze ans. La même année, Angela Rice apprend qu’elle est atteint d’un cancer du sein. Même s’il elle survivra presque deux décennies à la maladie, Condi termine son adolescence dans la crainte quotidienne de la mort de sa mère. Un traumatisme qui coupe encore un peu plus la jeune fille de toute vie sociale. Et même si à Denver, elle découvre les joies du patinage artistique qu’elle pratique comme si demain elle devait participer aux Jeux Olympiques, Rice est une adolescente solitaire. Ironiquement, c’est sa décision d’abandonner ses désirs de carrière de musicienne qui vont lui permettre de se découvrir. Inscrite dans un concours international, Condi prend conscience que si son niveau est excellent, il n’est pas exceptionnel. Pendant six mois, au désespoir, de ses parents, Rice s’essaie à de nombreuses matières universitaire sans trouver sa voie. Jusqu’au jours où elle assiste à une conférence sur Staline donnée par Josef Korbel. L’intellectuel, un réfugié Juif ayant fui le nazisme et le communisme, est charismatique. Plus étonnant encore, Korbel est le père de Madeleine Albright qui bien plus tard, sous la présidence de Bill Clinton deviendra la première femme a occuper le poste de Secrétaire au Département d’Etat... Une fonction désormais promise à Condoleeza Rice.
 
La découverte des arcanes de l’autre superpuissance est vécue par Rice “comme s’il s’agissait d’une passion amoureuse, d’un coup de foudre”. Pour la première fois de son existence, Condi prend en main son destin et, contre la volonté de ses parents, décide de devenir la plus grande spécialiste de l’Union Soviétique. L’immersion est totale. Rapidement, Condi maîtrise la langue, se plonge dans la culture et la littérature russe et va jusqu’à prénommer sa voiture Boris. Enfin épanouie, elle se consacre également à sa vie amoureuse. Et si depuis son arrivée à Washington sous la présidence de George H. Bush, sa vie intime est devenu un véritable mystère, ses dernières années de faculté sont celles de son apprentissage amoureux. Depuis sa toute petite enfance, Condoleeza voue une véritable passion pour le football américain. Initiée par son père, entraîneur bénévole, Rice a même confié le plus sérieusement du monde qu’elle était prête à quitter les couloirs du pouvoir pour un seul emploi : celui de président de la NFL, la ligue de football. C’est donc presque naturellement que ses premiers “amis” sont des joueurs. En fait, Rice va vivre une véritable passion amoureuse pour un footballeur professionnel de l’équipe de Denver. Pour la seule fois de son existence, Condi va s’afficher en couple, rejoignant le cercle fermé des compagnes de footballeurs. Mais, alors que la robe de mariée est commandée, que le mariage est annoncé, les deux amoureux, pourtant officiellement fiancés, se séparent. Rice n’a jamais souhaité s’expliquer sur ce soudain changement de cœur. Et s’il se murmure qu’elle n’aurait pas toléré une escapade amoureuse de son ex-futur époux, il s’agit aujourd’hui encore du secret le mieux gardé du parcours de la prochaine Secrétaire au Département d’Etat de George W. Bush.
 
Quoiqu’il en soit, la fin de sa relation correspond à la reprise de sa marche vers le pouvoir. Devenue professeur à l’Université de Standford, elle multiplie les publications d’ouvrages analytique sur la Guerre froide et les conférences à travers le pays. C’est lors de l’une d’entre elles qu’elle est remarquée par un proche de George H.Bush qui lui demande alors d’exercer ses talents à la Maison Blanche. Et alors que le Mur de Berlin s’effondre, elle est enfin en mesure d’exprimer son savoir sur l’Union Soviétique et devient ainsi la conseillère préférée du président américain. La victoire de Bill Clinton est une cassure abrupte dans le parcours de Condi. Grâce au président sortant, elle intègre le conseil d’administration de Chevron et applique désormais la géopolitique au commerce du pétrole. Ce passage par le privé la rapproche du clan Bush où elle passe ses vacances d’été. C’est donc naturellement vers elle que se tourne George H. Bush lorsqu’il faut initier son fils aux questions de défense nationale, d’alliances internationales et plus généralement de lui donner le bagage nécessaire pour devenir à son tour président des États-Unis. Là, entre deux anecdotes sportives, une passion qu’elle partage avec le Texan, elle pratique la méthode enseignée par Korbel : rendre extrêmement simple des problèmes infiniment compliqués.
 
De ces heures d’apprentissage naîtra une relation amicale forte, une fidélité sans faille mais également une vision du monde partagée où l’Amérique se doit de jouer un rôle actif et fort.

Mais, surtout, s’il faut insister sur les origines de la relation entre George W. et Condi, c’est parce qu’elles permettent de saisir combien au lendemain du départ de Collin Powell, la diplomatie américaine parlera désormais d’une seule voix. Et, il est a espérer que du côté de l’Elysée, on garde en mémoire les propos de Condoleeza au printemps 2003 après la chute de Saddam Hussein :"Il faut punir la France, ignorer l'Allemagne et pardonner à la Russie".

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